NEUROIMAGERIE

Le plaisir sexuel et l'argent activent des zones cérébrales bien distinctes

Le plaisir sexuel et l'argent n'activent pas les mêmes zones du cerveau
Les récompenses dites "primaires", comme la nourriture ou le sexe, activent dans le cortex orbitofrontal des zones distinctes de celles recrutées par les récompenses secondaires, comme l'argent. Crédits : Sescousse / Dreher / CNRS
Des chercheurs viennent de montrer que les plaisirs dits primaires, comme la nourriture ou le sexe, sollicitent des zones cérébrales différentes de celles activées par les plaisirs plus secondaires, telles que l'argent ou la reconnaissance sociale. Une première, car il était jusque là admis que le plaisir, de quelque nature qu'il soit, impliquait exclusivement les mêmes zones cérébrales.

Il est connu depuis longtemps que les plaisirs associés à des besoins primaires (nourriture, sexe), activent les mêmes zones cérébrales que les gratifications plus secondaires, telles que l'argent : il s'agit notamment du noyau accumbens et de l'aire tegmentale ventrale, un ensemble de zones appelé "circuit de la récompense". Mais une équipe de chercheurs français, dirigée par le neurologue Jean-Claude Dreher (Institut des Sciences Cognitives, Lyon), vient de montrer qu'aux côtés de ce réseau commun, des zones cérébrales bien spécifiques sont aussi activées selon le type de gratification.

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont cartographié le fonctionnement cérébral de 18 volontaires à l'aide d'un scanner IRMf (imagerie à résonnance magnétique fonctionnelle).

Résultat ? Aux côté du traditionnel circuit de la récompense, la vision d'une image érotique active aussi une petite zone du cerveau située dans la partie postérieure du cortex orbitofrontal (le cortex orbitofrontal est la partie du cerveau située juste au dessus des yeux). Quant à un gain d'argent, ce type de plaisir sollicite, là encore, le cortex orbitofrontal, mais il s'agit cette fois de sa partie antérieure, plus récente à l'échelle de l'évolution.

Une découverte publiée le 29 septembre 2010 dans le Journal of Neuroscience.

Un résultat précieux, car il pourrait notamment aider à mieux comprendre les addictions aux jeux d'argent.


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