HOMME

Une lettre écrite il y a 1800 ans par un soldat égyptien déchiffrée

lettre soldat
Une lettre écrite il y a 1800 ans par un soldat égyptien à sa famille a été déchiffrée par un étudiant américain. Son contenu dévoile des préoccupations proches de celles des soldats d'aujourd'hui. Crédits : University of California, Berkley's Bancroft Library
Un étudiant américain a déchiffré une lettre écrite il y a 1800 ans par un soldat égyptien à sa famille. Le contenu de cette lettre révèle des préoccupations proches de celles des soldats d'aujourd'hui.

Quel soldat en opération ne s'inquiéterait-il pas de ne pas recevoir des lettres de ses proches ? S’il nous est aisé d'imaginer qu'une telle préoccupation habite l'esprit d'un soldat de notre époque, des travaux de traduction menés par un étudiant américain révèlent que ce type de préoccupation était également susceptible de prévaloir chez les soldats d'il y a 1800 ans.

Cette frappante universalité dans les préoccupations humaines nous est révélée grâce à la traduction d’une lettre écrite il y a 1800 ans par Aurelius Polion, un soldat égyptien officiant au sein de l'armée romaine, à destination de sa famille.

Si l’existence de cette lettre, écrite en grec, était connue depuis longtemps (elle a été découverte en 1899 lors d’une expédition menée à Tebtunis, ville de l'Égypte antique), nul ne s’était jusqu’ici penché sur sa traduction, en raison de l’état très dégradé du document.

Heureusement, grâce au travail de Grant Adamson, étudiant à l’Université de Rice (Etats-Unis), il nous est désormais possible d’accéder au contenu de cette lettre.

Que révèle précisément cette missive ? Tout au long du texte, Aurelius Polion fait part à sa mère, sa sœur et son frère de sa grande inquiétude, car il n'a pas reçu de nouvelles de leur part malgré les six lettres qui leur a envoyées. Une inquiétude doublée en filigrane d’une forme de colère envers sa famille, qu'il soupçonne de ne pas assez penser à lui.

Voici un extrait de la lettre écrite par Aurelius Polion : « Je prie pour que vous soyez en bonne santé, et je marque chaque jour ma révérence envers les dieux en votre nom. Je ne cesse de vous écrire, mais vous ne semblez pas penser à moi. Pourtant, je fais ma part en vous écrivant, et ne cesse de vous avoir à l'esprit, et dans mon coeur. Mais vous ne m'avez jamais écrit pour me donner des nouvelles de votre santé, et me dire comment vous allez. Je suis inquiet à votre sujet, car malgré les lettres que je vous ai envoyées, vous ne m'avez jamais répondu ».

L'intégralité du contenu de la lettre est disponible dans l’article « Letter from a Soldier in  Pannonia », publié dans la revue Bulletin of the American Society of Papyrologists.

Voici également une vidéo (en anglais) produite par l’Université Rice à l’occasion de ce travail de traduction :


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