SANTE

Bactéries : seront-elles les pires ennemis des astronautes du futur ?

Pseudomonas aeruginosa
Une étude révèle que la bactérie Pseudomonas aeruginosa (ci-dessus) se développe mieux dans l'espace que sur Terre. Crédits : CDC/ Janice Haney Carr
Une expérience menée à bord de la navette spatiale Atlantis révèle que Pseudomonas aeruginosa, une bactérie à l'origine de nombreuses maladies nosocomiales, se développe mieux dans l'espace que sur Terre.

Et si la principale menace guettant les astronautes du futur était… une bactérie ? C'est en tout cas ce que suggère une étude publiée le 6 novembre 2013 dans la revue BMC Microbiology. En effet, ces travaux révèlent que la bactérie Pseudomonas aeruginosa, un germe très résistant qui contamine fréquemment le matériel hospitalier en occasionnant des maladies nosocomiales potentiellement mortelles, se développe mieux en état de micropesanteur (c'est-à-dire un état ou les effets de la pesanteur sont très faibles par rapport à ceux mesurés à la surface de la Terre) que sur Terre. Et ce, même si cette bactérie est privée de nutriments.

Pour parvenir à ce résultat, les auteurs de l'étude ont fait croître ces microbes dans deux solutions d'urine artificielle (en effet, cette bactérie infecte notamment les urines) : la première solution est restée sur Terre, tandis que la seconde a effectué un vol spatial à bord de la navette Atlantis, ce qui lui a permis d'accéder à un état de micropesanteur.

Au cours de l'expérience, une première phase a consisté à fournir aux échantillons de Pseudomonas aeruginosa présent à bord la navette spatiale ainsi qu'à ceux restés sur Terre une quantité normale de nutriments (notamment des phosphates et de l'oxygène). Verdict de la première phase ? Les échantillons de bactérie Pseudomonas aeruginosa ayant embarqué à bord de la navette spatiale se sont tout aussi bien développés que leurs équivalents restés sur Terre.

Au cours d'une deuxième phase, les auteurs de l'étude ont fourni des quantités de nutriments beaucoup plus réduite aux deux échantillons de bactéries (celui resté sur Terre, et celui en vol spatial). Résultat : alors que les échantillons de bactérie Pseudomonas aeruginosa restés sur Terre se sont développés moins vite, les lots de Pseudomonas aeruginosa à bord de la navette spatiale se sont en revanche… développé tout aussi vite que s'ils avaient reçu des quantités normales de nutriments !

Un résultat forcément troublant, qui amène les auteurs de l'étude à faire l'hypothèse que si cette bactérie disposait d'un temps suffisamment long pour se développer à bord des équipements spatiaux, alors elle pourrait atteindre des concentrations plus importantes que sur Terre. Et ce, même si la quantité de nutriments dont elle dispose pour se développer est très faible.

Des travaux qui devraient inciter les agences spatiales à développer des dispositifs de stérilisation et de décontamination encore plus efficaces que prévu.

Il est à noter que de précédentes recherches avaient déjà mis en évidence en 2007 le fait qu’une autre bactérie, la salmonelle, présente une virulence plus importante lorsqu'elle est mise en état de micropesanteur (lire sur Futura Sciences « La virulence des bactéries augmente durant un vol spatial »).

Ces travaux ont été publiés le 6 novembre 2013 dans la revue BMC Microbiology sous le titre "Effect of spaceflight on Pseudomonas aeruginosa final cell density is modulated by nutrient and oxygen availability".


L'actualité de la science vous intéresse ? Chaque jour, le Journal de la Science vous fait partager les résultats de sa veille scientifique sur TWITTER, sur FACEBOOK et sur SCOOP IT. Suivez-nous !

Vous êtes sur Google+ ? Vous pouvez nous y rejoindre sur la communauté SCIENCE ACTUALITÉS. La communauté Google+ SCIENCE ACTUALITÉS permet à tous les passionnés de science de partager et de commenter les dernières actualités scientifiques.

Suivre l'auteur de cet article sur Google+ :




VOUS AIMEREZ AUSSI
PUBLICITÉ

Shopping High-Tech
VOTRE OPINION SUR CET ARTICLE