Les chimpanzés sont soucieux de la sécurité de leurs congénères
Le chimpanzé capable de deviner ce que sait, ou ne sait pas, un congénère ? Une étude menée par des chercheurs britanniques et allemands de l'Université de St Andrews (Grande-Bretagne) vient de montrer que tel est bien le cas. Publié le 29 décembre 2011 dans la revue Current Biology, ce résultat suggère que ces primates possèdent des aptitudes cognitives encore plus évoluées que ce qui était supposé jusqu'à présent.
Des cris d'alerte plus nombreux
Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont étudié le comportement de 33 chimpanzés sauvages, exposés à la présence de plusieurs espèces de serpents dangereux. Résultat ? Lorsque un chimpanzé découvre le danger, il pousse des cris d'alerte plus nombreux si ces congénères n'ont pas encore découvert l'existence du danger.
Et pour les chimpanzés qui n'étaient pas présents lorsque le guetteur a commencé à lancer l'alerte ? Là encore, les chercheurs ont constaté un phénomène identique : le chimpanzé qui a découvert la présence du serpent alerte les retardataires avec des cris plus nombreux.
Le chimpanzé a peut-être accès à la Théorie de l'Esprit
Un résultat important, car il suggère que le chimpanzé possède des dispositions cognitives encore plus évoluées que ce qui était supposé jusqu'ici. En effet, ce résultat montre qu'il est apte à évaluer ce que sait, ou ne sait pas, un congénère. Or, l'existence d'une telle disposition chez ce primate suggère qu'il a accès à une forme, a minima embryonnaire, de ce que les chercheurs appellent la théorie de l'esprit. Soit la capacité à deviner les états mentaux d'autrui. Cette faculté, généralement considérée comme l'apanage exclusif de l'Homme, est apparue au cours de l'histoire évolutive de nos ancêtres car permettant à ses détenteurs de prédire les actions d'autrui (un atout-clé pour survivre dans un groupe social).
Si la date d'apparition de la Théorie de l'Esprit au cours de notre histoire évolutive demeure inconnue, le résultat obtenu par les chercheurs de l'Université de St Andrews suggère que cette date est antérieure à 6 millions d'années. Pourquoi ? Tout simplement car il s'agit là de la période à laquelle vivait le dernier ancêtre commun de l'Homme et du chimpanzé, avant que leurs destinées évolutives se scindent définitivement.
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